Marielle de Sarnez: "Il faut un souffle nouveau"

Publié le par MoDem Paris 18°


[PRESSE]

JDD Dimanche 16 Septembre 2007

Propos recueillis par Marie QUENET
Le Journal du Dimanche

Marielle de Sarnez affiche un large sourire. Tête de liste du MoDem pour la mairie de Paris, elle sait qu'elle sera "courtisée". Françoise de Panafieu et Bertrand Delanoë ont les yeux tournés vers elle et les électeurs du centre. Dans la capitale, le parti de François Bayrou a en effet raflé 20,73% des voix au premier tour de la présidentielle, et 12,68% aux législatives. Mais la conseillère de Paris, également députée européenne, veut montrer sa différence.


Selon un sondage*, vous rassemblez 8 % des intentions de vote aux municipales à Paris, loin derrière Bertrand Delanoë et Françoise de Panafieu...
C'est vrai que je suis challenger parce que je suis pour l'instant moins connue. Mais c'est ainsi que l'on crée les surprises. Je n'ai même pas encore lancé ma campagne. A partir du mois d'octobre, je ferai la tournée des 80 quartiers de Paris. Puis j'ouvrirai le blog du projet, marielledesarnezpourparis.fr.

Quelles sont vos priorités ?
Je veux améliorer la vie des Parisiens. Et porter une vraie ambition pour Paris en matière de dynamisme économique et de développement durable. Il faut réfléchir au périmètre de la capitale. La question du Grand Paris se pose depuis des années. Je regrette qu'elle n'ait pas été réglée par Chirac, Tiberi ou Delanoë ! Il faudra mettre en place une intercommunalité. En finir avec la coupure entre Paris et sa banlieue en recouvrant le périphérique partout où il est encaissé (environ 40 % de sa surface). Dans Paris intra-muros, on peut aussi récupérer des espaces, notamment les zones ferroviaires. Par exemple, pour créer un grand parc de 10 hectares dans le nord de Paris, en partie sur une dalle recouvrant les voies de la gare du Nord. Enfin, il faut des gestes architecturaux forts. Pourquoi pas quelques immeubles de grande hauteur pour des équipements publics ou culturels ?

Que proposez-vous pour la vie quotidienne des Parisiens ?
J'ai deux soucis: les familles avec enfants qu'il faut aider et les gens seuls. Je pense notamment aux personnes âgées: je veux qu'on leur facilite la vie, par exemple en les accompagnant dans leurs déplacements. Et puis, je refuse de laisser se créer des quartiers ghettos. S'il faut bien sûr continuer à créer des logements sociaux, là où ils sont trop concentrés, une partie doit être convertie en accession sociale à la propriété, en bureaux, en jardins...

Qui prendrez-vous comme têtes de liste ?
Je présenterai une équipe aux Parisiens, une sorte de gouvernement, pour qu'ils identifient clairement qui fera quoi. Pour le reste, nous aurons une liste MoDem par arrondissement. Les têtes de liste seront connues avant la fin de l'année. Elles seront fortes, implantées et nouvelles. Comme nous avons très peu de sortants, ce sera facile.

Vous allez être "courtisée" par Françoise de Panafieu et Bertrand Delanoë...
Nous sommes apparemment désirés par tout le monde, ce n'est pas désagréable ! J'ai déjeuné avec Bertrand Delanoë il y a plusieurs mois, et rencontré Françoise de Panafieu cet été. A chaque fois à leur invitation. Il se trouve que je n'ai ni sectarisme ni a priori. Ma perspective, ce n'est pas d'être un appoint, de faire la figuration, mais de changer réellement la manière de gouverner Paris.

"La droite a été trop conservatrice (...) et la gauche trop idélogue"

M. Delanoë affirme que "les uns et les autres devront dire dès avant le premier tour ce qu'ils ont l'intention de faire au second"...
Il faut que Bertrand Delanoë se détende, qu'il accepte la concurrence. Lui et Françoise de Panafieu sont là depuis longtemps. Maintenant, il faut un souffle nouveau. Je pense que la droite a été trop conservatrice à Paris - par exemple sur le tramway. Et la gauche trop idéologue.

Serait-il envisageable de faire un ticket avec Françoise de Panafieu ?
Je ne me laisserai pas enfermer dans quelque ralliement que ce soit. Pour moi, être autonome, c'est le seul moyen d'obliger mes deux concurrents à sortir de leur logique. A Paris, le MoDem compte 6 301 adhérents, contre 2 000 six mois avant la présidentielle. C'est un vivier formidable. Plus de mille personnes travaillent avec moi sur le projet. Après, évidemment, un maire ne peut pas gouverner une ville tout seul. Si les Parisiens me font confiance, je ferai équipe avec des gens de différentes sensibilités politiques. Paris ne doit pas être géré par un seul camp.

Que proposez-vous en termes de transports ?
Il faut améliorer les transports. Poursuivre le tramway, y compris en étoile vers des villes de banlieue. Il y a aussi des ratés en matière de circulation. On doit revoir certains couloirs de bus. Quand je prends le boulevard de L'Hôpital, boulevard Saint-Marcel ou Magenta, c'est pire qu'avant. Il faut aussi développer des transports de proximité, par exemple des petits bus électriques. Rendre le métro plus accessible aux personnes handicapées... Mais, contrairement à Bertrand Delanoë, je considère que le citoyen doit être traité comme quelqu'un de responsable. Je crois à l'incitation plutôt qu'à la seule contrainte.

Que pensez-vous de Vélib'?
J'aurais aimé que cela vienne plus tôt, mais c'est très bien. J'ai envoyé mon chèque, j'attends mon abonnement. Je suis sans voiture depuis quinze ans. Je "roule" beaucoup à pied. Bertrand Delanoë croit qu'il a d'ores et déjà gagné les municipales avec Vélib'... mais une élection n'est jamais jouée d'avance.
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Publié dans Marielle de SARNEZ

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